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Isabelle Mimouni poursuit son travail sur Polytropiques

mardi 26 novembre 2019

séance 20 novembre 2019

Compte-rendu du 20/11 : Atelier d’écriture
Tour à tour, durant cette séance, nous avons exposé nos premières réflexions sur la manière dont chacun aimerait traiter le sujet.

-        Choix de la bande-son : 

Donner une ambiance orale au tableau ? Film avec bruitage, musique, voix-off ?
Idée d’un projet concret : aller dans un bar, mixer des bruits, quelle heure ? (Heure creuse/ pleine)
Mais la peinture d’Hopper fait part d’une atmosphère de solitude, on ne voit pas comment les bruits réalistes d’un café (tasses/ cuillères/assiettes qui cassent) pourraient être crées ?
ATTENTION DOUBLE TRAVAIL : retranscription du son difficile.
Le travail doit rester écrit : chaque élément de choix musical doit prendre sens. 
Objectif : Essayer de rendre compte d’une atmosphère.
Choisir un biais onirique ? réaliste ? 
Délocalisation : Où positionne-t-on le micro : dans le café ? dans la rue ? aquarium ? 
-       Autres idées d’ambiance proposées par les élèves :
Musique de cirque ? de fête foraine ? 
Quelle voix exprimer ? narration ? 
Pendant la prise de son : les choses dites qui par le miracle de la coïncidence sont rapprochées du tableau : prend un sens autre et intéressant. Les erreurs de captation, au sens de ce qui n’est pas attendu, peuvent être également intéressantes. Ne pas s’appuyer sur ce que l’on s’attends à trouver mais sur les choses imprévisibles.

-       Correspondance entre Hopper et sa femme :

La femme tient un objet mystérieux… sujet ? Correspondance épistolaire intéressante littérairement. 
Différents points de vue au sein de la relation amoureuse ?
Se reconnaître dans un portrait ?
Comment vivre d’être objet, modèle d’une expérience ? Difficulté de rester immobile, sentiment d’être réifié, instrumentalisé par le peintre ou valorisation extrême de ce que l’on est. Se reconnaître dans un portrait ?
à Réflexion sur la question d’être sujet d’une œuvre d’art ?
Ex : Le Chef-d’œuvre inconnu Balzac, Le Portrait ovale d’Allan Poe, Le Portrait de Dorian Gray
Mettre l’accent sur ce qu’est « a work in progress ». Importance de la performance, de la création dans son processus et pas seulement le produit final. 
Rendre compte dans les lettres de la connivence, complicité, passion, disputes : Hopper se sert de sa femme depuis longtemps comme modèle.
Complexité du projet :
-       Longueur des lettres ? Combien de lettres ? Rythme épistolier ? 
-       Faire entendre les deux voix, masculine et féminine : difficile
-       Se fier à la réalité peut être difficile et peut restreindre. Heureusement, nous avons l’avantage d’être « Nous sommes libérés par notre incompétence » !
Plus on rentre dans la recherche documentaire, plus on s’interdit de pistes. La question de la liberté par rapport au réel est importante.
Quelle marge de liberté se donner ? 
-       Codification des lettres / décodification avec le cadre intime
-       Variété et structure. On ne peut se contenter d’alterner les voix : il faut qu’il y ait des « surprises », ménager quelque chose d’inattendu.
Gros travail de préparation mais très stimulant. 


-       Point sur le but de l’atelier d’écriture :

Importance de la mise en place du « work in progress », ce qui se joue c’est comment se constitue un groupe, une collectivité créatrice. 
Comment créer ensemble ? avancer ensemble dans un processus de création et d’innovation ? Petit à petit intelligence collective est écrite.
Le principe n’est pas d’avoir des identités juxtaposées.
Ex : Au 17ème siècle, La Roche Foucault, La Bruyère travaillent dans des salons. Le travail de chacun s’améliore par le regard de tous. 
Les Fables, de La Fontaine : il a été influencé par les remarques de la Roche Foucault ou Madame de Sévigné. L’œuvre rend compte d’une pensée qui présente l’honnête homme, le galant homme du 17èmesiècle. Idéologiquement le groupe se reconnaît dans cette œuvre. 

-       Écriture de synopsis :

Couple qui attend un enfant, réflexion sur eux-mêmes au cours de la nuit, thème du secret. 
Les personnages vont vers un objectif ? Chacun a un secret ? 
Creuser le secret de chaque identité. 
Synopsis : complexité de l’écriture. Dialogues, didascalies mais aussi procédés de réalisation doivent être établis. (Lumières, Travelling, point de vue de la caméra, plans auxquels on doit réfléchir)
Le réalisateur cache ou dévoile le secret. Soit il aide le spectateur dans un système voyeur soit dans une esthétique symboliste (Gustave Moreau, Fernand Khnopff). Chez les symbolistes, on ne perce pas le mystère, on ne montre des choses que leur surface.
Ici, le tableau correspond à l’idée qu’on ne saura jamais. 

-       Monologue intérieur des deux personnages :

Émotions de la femme rousse et de l’homme lors d’un premier rdv amoureux. Faire part des pensées de chaque personnage. Chacun essaye de faire attention à tous les détails mais rien ne fonctionne. 
Il y a l’angoisse du premier rendez-vous et l’image que l’on rend de sois même mais ratée à cause de l’ambiance glauque du café. 
Prendre la même scène mais en faire le début ou la fin de l’histoire ?
Idée de la femme comme une prostituée : monologue intérieur que l’on décale dans les pensées du barman, de l’homme. 
Les troubles d’un homme qui découvre pour la première fois l’expérience d’une prostituée, trouble intérieur, questionnement, culpabilité… ou découvre au dernier moment que c’est une prostituée ?
Sentiment amoureux ou sentiment mercantile ? On peut exprimer le désir d’une femme d’avoir une relation amoureuse autre que mercantile et comment elle réussit à gérer son amour naissant.
Ou bien, un règlement de compte entre clients.
Transformer l’absence d’action en moment d’action.
Cf. Vertigo, Hitchcock : femme payée sur le détournement d’attention d’un personnage. 
Cf. Prix « en première ligne » 
Point de vue du cochon au 18ème siècle Oscar Coop-Phane Le Procès du Cochon.
La première œuvre qui l’a fait connaître part du point de vue d’une prostituée. 
En se plaçant à côté d’une prostituée quelques soirs, il se rend compte que la vie d’une femme qui exerce ce métier est en réalité l’attente, l’ennui.

-       Expression du Malaise :

-       Règlement de compte entre truands : se tire dessus ? quand est-ce que cela va arriver ? Changement de musique, d’atmosphère, tension montante
-       Sentiment de malaise, opposition des pensées de la femme et de l’homme. Augmentation de la tension qui structure la nouvelle avec un malaise de plus en plus prenant. L’homme de dos se retournerait à la fin : on ne sait pas ce qui est la cause du malaise omniprésent depuis le début. 
Premier soir après les attentats ? qu’est-ce que la vie à moitié morte ? une vie où on n’arrive pas à renouer avec la joie, la musique, la gaieté associée à un univers de café ?
Cette voie est cependant difficile à traiter car l’atmosphère ne s’y prête pas vraiment…

-       Nouvelle policière : 

Atmosphère de tension, criminel vient dans le bar. 
On dédramatise la scène avec un criminel gauche, maladroit qui n’arrive pas à tuer la personne. Jouer d’une atmosphère tendue à quelque chose de décalé, d’absurde en s’appuyant aussi sur les éléments compliqués du tableau (absence de porte, lumière glauque qui s’éteint…)
Narrateur omniscient, externe ? C’est très difficile de construire le ridicule de son propre point de vue. 

-       Aquarium : 

Personnages enfermés depuis longtemps. 
Pesanteur : le personnage de dos est résigné à sortir, le couple a de l’espoir. 
Cf. Huis Clos, Sartre
La libération est un élément important : fin de la nouvelle ou vie après la sortie ? Comment les personnages ont réussi à se faire avec ce système clos ? Sont-ils capables de se réadapter au système extérieur ?

-       Extraits de journal intime du peintre :

Pensée du peintre et réflexion sur son travail ? rapport avec son galeriste ? conversation avec sa femme ? 
Travail important de recherches sur le peintre, son époque, sa peinture…
Cf. Delacroix, Lettres de Van Gogh 

-       Tension du bocal :

Formule théâtrale, tension de l’atmosphère du bocal, aspect clinique. Besoin pressant de sortir. La tension monte avec l’importance des lumières et les personnages qui ont des révélations. + question du silence de plus en plus insupportable. 
Il y a un sentiment d’oppression lié au théâtre. 

-       Crise existentielle des personnages 

Statisme du tableau nous renvoie à une situation qui n’évolue pas, un sentiment de mal-être. Les personnages sont définitivement coincés. 
Cf. Beckett ou Ionesco avec une absence d’humanité.
Imaginer une pièce de théâtre avec que des monologues ? Poser des monologues qui ne se jouxtent jamais ? De quoi pourraient-ils parler dans les monologues ? Réussir à passer au dialogue ?
Le bruit du percolateur est exaspérant : tous à un moment reviennent au bruit du percolateur. 
Le Barman parlerait dans le vide ? Bribes de conversations sans grand sens ? 
Cela nous confronte au quotidien et à l’absurde des conversations.
On peut s’attacher différemment au tableau.  

-       La nouvelle surréaliste / fantastique 
La nouvelle pourrait se terminer sur ce tableau comme le paysage, l’état d’âme d’un personnage. 
La période historique des années 30 / Le thème des cafés / Le surréalisme avec une chute ? 
Solitude impressionne beaucoup dans le tableau : lier ce sentiment dans la nouvelle.
Soit la nouvelle aurait pour but de nier la solitude humaine : récupérer le tableau en transformant la solitude en dialogue ?

-       Passer du rêve au cauchemar

Personnage qui rêve d’un diner idéalisé : quitte la 2nde Guerre mondiale
Le rêve se transforme en cauchemar ? passer du rêve à la réalité.
Quête du rêve américain mais se rends compte de la réalité. Se retrouve finalement dans un bar avec une prostituée.

-       Écouter les bruitages de la scène :

Couper par le son d’un tournage, d’un film. Scène de solitude qui est soudain transformée par le brouhaha du tournage. Solitude d’un acteur qui joue dans un film un personnage très sociale. En dehors du plateau, il réfléchit sur lui-même, sur sa situation, sa solitude. 
Jouer un film avec une scène attendue puis au lieu de se retrouver dans un monde de cinéma / dans le monde réel. Dans ce lieu très spécial, il est compliqué de jouer. 

-       Représentation de l’altérité, jouer entre l’imaginaire de la sorcière et des robots :

Artiste peintre se promène dans les rues. Pendant qu’il déambule il rencontre une femme étrange (celle du tableau) qui a un but précis : elle veut trouver un lieu que le peintre ne sait pas situer car il ne connaît pas la ville. Cette femme veut donner quelque chose à quelqu’un et part sans le saluer. Le peintre est confus et fini par tomber sur un café à l’atmosphère glauque et lugubre. Il reste dans l’incompréhension en voyant la précédente femme à l’intérieur de l’établissement sans voir comment il pourrait la rejoindre. 
Fin du 19ème siècle : logique du robot femme : première forme de la science-fiction
L’Ève futur d’Edison qui créer son personnage d’Ève dont il tombe amoureux. / Film : Los Angeles ?

-       Poème en prose : 

Le tableau suscite la forme poétique. 
Poème en prose autour d’un homme buvant son verre de vin : point de vue du verre et point de vue de l’homme avec son monologue intérieur. 
Changer le vin en une autre boisson plus « américaine ».

-       Stéréotype de la femme fatale :

Prostitution, rousseur et sorcellerie. La femme fatale serait manipulatrice, ferait rêver l’homme. 
Narrateur omniscient rentre dans les pensées de la femme. Les pensées de la femme ne correspondraient pas aux stéréotypes. Cela pourrait permettre de clore la nouvelle. 



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